vendredi 27 novembre 2015

Purifier les souffles

Les actes violents survenus récemment, leur médiatisation et leur ressassement peuvent amener dans notre esprit beaucoup de troubles et susciter haine, désir de vengeance et angoisse. Il est donc essentiel de protéger notre esprit de ces maux redoutables.
On pourrait s’indigner et se dire : « Mais mon esprit fonctionne très bien ! C’est la situation extérieure qu’il faut changer, rien de plus ! » A cela, deux réponses peuvent être apportées. La première immédiatement compréhensible : nous ne parvenons pas toujours à changer une situation extérieure, par contre nous pouvons toujours transformer notre esprit. Et cela est nécessaire car c’est toujours l’esprit qui fait l’expérience de la joie, du bonheur ou, au contraire, de la souffrance.
L’autre réponse nous est fournie par la loi de cause à effet : tout ce dont nous faisons l’expérience, à chaque instant, est la conséquence de nos actes antérieurs. Si je veux donc faire l’expérience de la joie, du bonheur et de la santé, je dois donc impérativement renoncer aux actes négatifs inspirés par les émotions négatives (la haine, la vengeance, la peur fondée sur l’ignorance…) et accomplir des actes inspirés par l’amour universel et l’aspiration à libérer tous les êtres vivants de leurs difficultés.
Maîtriser notre esprit est donc non seulement nécessaire, mais c’est encore possible. Pour n’aborder que des pratiques proprement laïques*, qui ne nécessitent donc aucun engagement spirituel, le Yoga met à notre disposition des pratiques puissantes et bénéfiques. Ainsi, Nadi shodana, nous permet de purifier les canaux énergétiques. Par ailleurs, la méditation du calme mental nous permet de développer la concentration et de desserrer le nœud coulant que les émotions négatives enserrent autour de notre cou. Enfin, il existe aussi une pratique pour purifier les souffles qui circulent à l’intérieur des canaux subtils.
La circulation des souffles subtils (Vayus) à l’intérieur des canaux (nadis) est en relation étroite avec le fonctionnement de notre esprit. Ils sont mêmes totalement indissociables, tout comme le sont le cavalier (esprit) et sa monture (souffle). Ainsi, en prenant pour support la respiration grossière, on va harmoniser la circulation des souffles subtils dans les deux canaux principaux, Ida et Pingala. Ce faisant, on régule le fonctionnement de notre esprit, ce qui nous permet alors d’accomplir un grand nombre d’actes bénéfiques. Ces derniers génèrent alors des expériences de joie, de bonheur et nous permettent alors d’obtenir une excellente santé.

·         Phase préalable : reconnaître la pleine valeur de cette méditation

La pratique de la purification des souffles possède le double mérite d’être extrêmement simple et puissante.
Cette simplicité comporte toutefois un risque : sous l’emprise de l’ignorance, notre esprit perturbé peut ravaler cette précieuse pratique au rang de simple « truc », de vulgaire « outil pour aller mieux ». On risque alors de pratiquer sans réelle implication, sans ferveur véritable, et de délaisser rapidement cette pratique, un peu comme un enfant qui se serait lassé d’un jouet.
Pour prendre pleinement la mesure de cette méditation il faut en reconnaître pleinement les qualités.
Quant à son contenu, cette méditation repose sur la stabilisation dans notre esprit d’états émotionnels vertueux. Une inspiration élevée donnera nécessairement naissance à de grands bienfaits.
On sait, par ailleurs, qu’il ne s’agit pas du dernier outil de développement à la mode qui disparaîtra aussi rapidement qu’il est apparu. Cette pratique est très ancienne et de très nombreux méditants l’ont mise en œuvre et en ont recueilli de grands réalisations. En s’engageant dans cette pratique on suit donc un chemin extrêmement bien balisé**.
Après avoir généré une grande confiance dans l’exercice même, il s’agit maintenant de se convaincre de notre aptitude à le mener pleinement à son terme. A ce titre, nous possédons toutes les qualités requises : nous disposons d’un corps physique qui fonctionne, et celui-ci est relié à un esprit. Par ailleurs, nous avons généré la motivation appropriée : nous aspirons à nous délivrer de nos difficultés et à contribuer à l’instauration d’une paix universelle.  Donc toutes les conditions sont pleinement remplies pour accomplir fructueusement cette pratique.
Grâce à cette analyse préalable nous sommes parvenus à générer une confiance raisonnée qui nous  prémunit contre deux écueils: l’adhésion aveugle et le scepticisme. Une adhésion spontanée, non réfléchie, serait dépourvue de véritable fondement et donc se révélerait extrêmement fragile et réversible : il suffirait d’entendre un avis critique pour être déstabilisé et changer d’opinion. Inversement, un scepticisme frileux ne ferait qu’amputer la pratique de ses bienfaits.
En ravivant à chaque fois ce processus notre confiance acquerra force et stabilité nécessaires à la mise en œuvre de la pratique.

·         Principes de base

De quoi avons-nous besoin, au plus profond de nous-même, pour vivre ? Cette question essentielle qui oriente pourtant le cours de notre existence nous la perdons parfois de vue et nous entrons alors dans une routine de la vie quotidienne. Les difficiles événements récents nous incitent à faire se retour sur soi et à y répondre.
Nous avons fondamentalement besoin d’amour et de pleine santé. Dans un contexte moins grave, exprimer une telle affirmation pourrait paraître niais, mais pas en ce jour, pas au regard de ce qui s’est passé.
L’amour, à l’opposé de la haine, de la vengeance et de la peur. La pleine santé, la protection de la vie, celle des autres et la sienne, à l’opposé de la mort que l’on donne aux autres et à soi-même.
Maintenant que nous reconnaissons clairement ce qui est le plus précieux, comment l’obtenir ? Cette méditation nous l’enseigne.
L’univers entier est imprégné d’énergie, de Prana. Et cette énergie est particulièrement présente dans l’air. Nous allons donc pouvoir puiser à l’extérieur cette énergie, l’absorber, l’emmagasiner à chaque inspiration.
Par ailleurs, la pensée chevauche le souffle comme le cavalier chevauche sa monture : la conscience et le Prana sont indissociables. Nous allons donc pouvoir associer une pensée bénéfique à notre inspiration, pour donner pleine puissance à celle-là.
Et, ce que nous avons pris, à l’inspiration, nous allons ensuite le transmettre autour de nous à chaque expiration. Car, contrairement à ce que croit notre esprit dualiste, qui sépare arbitrairement « moi » et « les autres », plus je donnerai et plus je recevrai.
Il suffit de pratiquer pour s’en convaincre.

·         Prendre et diffuser l’amour inconditionnel

Installé fermement, le dos bien droit, à chaque inspiration, je puise un sentiment d’amour universel, inconditionnel, et je laisse cette émotion me remplir complètement.
A chaque expiration je diffuse cet amour autour de moi. Je souhaite alors que tous les êtres vivants soient libérés de toutes leurs difficultés et fassent l’expérience d’un bonheur durable. Je le souhaite vraiment de tout cœur. Dans un premier temps, je diffuse cet amour dans un rayon d’action limité, quelques mètres, tout autour de moi. Puis, j’élargirai progressivement le champ de mon action en veillant à n’exclure aucun être vivant.
Parfois notre esprit se trouve tellement perturbé qu’il ne nous est plus possible de générer spontanément ce sentiment d’amour. Nous pouvons alors puiser dans notre mémoire. Peut-être avons-nous vu un beau film où de nobles sentiments se trouvaient exprimés, et cela nous a ému. Sans doute avons-nous déjà éprouvé un amour authentique pour un autre être vivant. Cet événement a laissé une trace (vasana) dans notre esprit et nous pouvons la faire resurgir, la régénérer.
Il est souhaitable de porter cette émotion à incandescence. Bien sûr, au départ, ce ne sera sans doute qu’un tison. Mais après quelques respirations cette braise sera devenue un foyer puissant qui irradiera tout autour de nous, produisant des effets puissants.
Au bout d’une minute je sens que la pratique agit en moi favorablement. En poursuivant, je me sens de mieux en mieux et je parviens à stabiliser cet état d’humeur. Toute ma journée se trouve ainsi modifiée. En m’entrainant régulièrement, je parviendrai à contrecarrer l’installation d’états mentaux négatifs dans mon esprit.
Cette pratique s’avère particulièrement utile dans un environnement troublé où l’esprit des personnes est plus facilement en proie à l’inquiétude et aux errements. Aussi, en protégeant par cette méditation notre esprit nous serons mieux à même d’aider les autres êtres.

·         Prendre et diffuser la pleine santé

Il est possible d’accomplir la première pratique seule. Mais on peut aussi la compléter par la seconde. Pourquoi un tel ordre ? Parce que l’amour constitue la base d’une excellente santé.
Pour générer cet excellent état de santé, il est possible de s’aider en visualisant des rayons de lumière. Ils entrent en nous à l’inspiration et nous imaginons qu’ils nous soignent. A l’expiration, nous visualisons que des rayons de lumière sortent de nos narines et se dirigent vers les autres êtres pour les apaiser et les soigner complètement.
Il est possible d’enrichir cette pratique en visualisant des rayons de lumière de couleurs différents qui correspondent aux 5 éléments qui composent le monde matériel : Feu, Eau, Terre, Air, Espace ***. En effet, selon la médecine traditionnelle, lorsque ces éléments sont en harmonie dans le corps, alors la personne expérimente un état d’excellente santé, tandis qu’un déséquilibre persistant conduit à l’apparition d’une pathologie.

conclusion

Ainsi, les sombres événements récents nous éperonnent et nous incitent à nous tourner vers la lumière pour la faire rayonner autour de nous.
La purification des souffles exposée ci-dessus nous donne un moyen pour réaliser pleinement le potentiel que chaque être vivant recèle en soi.
On veillera à ne pas pratiquer de façon distraite, ou routinière, et on générera un grand enthousiasme, une réelle ferveur afin de recueillir pleinement les bienfaits de cette pratique. Aussi, la phase préalable qui consiste à faire mûrir l’esprit et à reconnaître l’importance de cette méditation est essentielle.
Dans une séance de Yoga cette purification des souffles pourra harmonieusement prendre place après le nettoyage des canaux (Nadi Shodana), avant d’aborder la Salutation au Soleil (Surya Namaskar)****.
Christian Ledain
professeur de Hatha Yoga, Maître initiateur de Reiki

NOTES

* Il existe, bien sûr, à côté de ces pratiques laïques d’autres pratiques qui nécessitent la dévotion envers un maître spirituel (Gourou), ainsi que le respect de rituels intégrant la récitation de mantras, l’accomplissement de gestes codifiés (mudras), ainsi que des visualisations mentales nécessitant une grande concentration. La nature et le contenu de ces pratiques varie alors selon la voie spirituelle retenue par l’adepte du Yoga (hindouisme, bouddhisme ou jaïnisme).

**La pratique ici décrite sert d’ailleurs de base à un exercice de sophrologie très utilisé pour mener à bien un projet personnel ou professionnel. Il consiste à se projeter mentalement dans la réussite.


***Le corps physique, grossier (sthula sharira), est composé de 5 éléments (pancha bhuta) qui servent à constituer tout phénomène matériel : Feu (tejas), Eau (ap), Terre (prithvi), Air (vayu), Espace (akasha). Les phénomènes naturels que nous connaissons sous la désignation feu, eau, terre, air et espace sont des agencements particuliers de ces différents éléments, selon des proportions variables. Ainsi l’élément Eau composera de façon prépondérante tous les liquides qui circulent dans le corps (sang, lymphe, urine). L’élément Terre participera de façon prioritaire à constitution de tout ce qui structure, charpente le corps humain et en assure la solidité : les os, les vertèbres, les cartilages, les réseaux nerveux et sanguins. L’élément Vent sera majoritairement présent dans tout ce qui est gazeux à l’intérieur du corps et sera présent dans les poumons et les intestins. L’élément Feu se manifestera tout spécialement dans la production de la chaleur corporelle et dans le feu digestif. Enfin, l’Espace est enfin présent est omniprésent dans le corps et permet à toutes les phénomènes de se manifester. (cf. Hatha-Yoga-Pradipika, introduction de Tara Michael, p71). 

**** Voir nos articles concernant ces deux pratiques

vendredi 20 novembre 2015

Yoga sutras et Hatha Yoga Pradipika


Deux ouvrages fondamentaux ont été écrits à propos du Yoga : les Yoga sutras et le Hatha Yoga Pradipika.

Connaitre au moins l’existence de ces deux livres est important pour qui s’intéresse au Yoga car ces ouvrages sont souvent cités et constituent des sources authentiques de savoir. Si le Yoga est incontestablement une pratique, c’est aussi une théorie qui prétend exposer la nature véritable des phénomènes dont la connaissance seule peut nous libérer.

 

On peut considérer les Yogas sutras de Patanjali comme l’exposé le plus harmonieux du Yoga classique. Ce recueil de 195 aphorismes fut composé entre - 300 ans av JC  et + 500 ap JC - non pas parce que l’auteur aurait mis beaucoup de temps pour l’écrire ! Mais parce qu’on ne dispose d’aucune information précise sur sa date d’élaboration, pas plus d’ailleurs que sur l’identité de son auteur.

Au fil du temps, l’habitude a été prise de nommer le Yoga exposé par Patanjali Raja Yoga (Yoga royal), ou encore Ahstanga Yoga (Yoga en huit étapes) afin de le différencier du Hatha Yoga.

La distinction entre ces deux notions est nette, tant au regard de leur contenu, que de leur origine et des méthodes qu’elles proposent.

 

Le Yoga classique de Patanjali se fonde sur la philosophie Samkhya dont il est, en quelque sorte, la mise en œuvre pratique. A ce titre, le Yoga classique fait partie intégrante de l’hindouisme et constitue l’un des Six Systèmes (sat darshana) traditionnellement enseignés à tout membre de la caste religieuse indienne, les brahmanes. Ces six points de vue sur l’univers traitent de sujets extrêmement différents et sont habituellement associés par  paires: Nyāya et VaiśeṣikaSāṃkhya et YogaMīmāṃsā et Vedānta. Tous ces systèmes ont en commun de poursuivre le même objectif ultime, le seul qui ait vraiment de l’importance aux yeux de l’Inde : parvenir à la libération complète de la souffrance inhérente à la condition humaine.


L’ouvrage de référence le plus populaire consacré au Hatha Yoga est le Hatha Yoga Pradipika (Petite lampe du Hatha Yoga) attribué à Svatmarama et composé relativement récemment (XVIe siècle ap JC).

 

A la différence du Raja Yoga, le Hatha Yoga ne fait pas partie de l’hindouisme car il intègre des éléments d’inspiration tantrique. Ainsi, comme son nom l’indique, cette discipline se propose de réaliser l’union (Yoga) du soleil (ha) et de la lune (tha). Le soleil et la lune symbolisent ici les deux aspects en apparence opposés de tout phénomène. De la même façon, l’adepte du Hatha Yoga cherche à unir en lui les pôles masculin et féminin, ainsi que les deux principaux souffles énergétiques qui circulent dans le corps subtil : Prana vayu et Apana vayu; il cherchera encore à unir Ida et Pingala, les deux canaux qui longent le canal central. Ainsi, dans les niveaux avancés de pratique, l’adepte du Hatha Yoga active l’énergie ensommeillée (kundalini), lovée au bas de la colonne vertébrale, pour la faire s’élever, tel un cobra qui se redresse en sifflant. La Kundalini progresse alors à l’intérieur du canal central (Sushumna) pour y atteindre successivement les différents centres (chakras) et y défaire les nœuds (Granthis) qui entravent sa circulation. Bien sûr, avant d’aborder ces pratiques élevées, de nombreuses techniques beaucoup plus accessibles sont abordées pour permettre à l’adepte d’obtenir un excellent état de santéphysique et mental, ce qui constitue un des objectifs premiers de la discipline.

 

S’il existe bien une distinction claire entre Raja Yoga et Hatha Yoga, on ne saurait toutefois parler d’opposition entre ces deux disciplines. Prévenant d’emblée ce risque, le Hatha-Yoga-Pradipika , expose dès sa première phrase : « Je me prosterne devant le Maître Originel, Sri Adinatha, par qui fut enseignée la science du Hatha Yoga. Cette science glorieuse resplendit comme une échelle pour qui désire atteindre les cimes du Raja-yoga » (HYP I, 1) Ainsi, le Yoga classique de Patanjali doit être pris pour l’achèvement, l’aboutissement des pratiques décrites dans le Hatha-Yoga-Pradipika.

Ainsi, la distinction entre Raja Yoga et Hatha Yoga est-elle aussi hiérarchique. Et ceci se traduit par une différenciation des méthodes. Les séances de Hatha Yoga mettent ainsi plus l’accent sur les 5 premières étapes de l’Ashtanga Yoga, notamment la mise en œuvre des postures et la maîtrise des souffles subtils, tandis que les enseignements de Raja Yoga insistent plus sur les pratiques méditatives et l’obtention du résultat suprême, le samadhi , caractérisé par l’union de l’âme individuelle (atman) avec le principe absolu (Brahman), en essence de nature identique.

 

En conclusion, on peut dire que les notions de Raja Yoga et de Hatha Yoga possèdent des origines et des contenus différents. Et cette distinction est indispensable pour avoir une compréhension claire de la nature du Yoga.

Maintenant, force est de reconnaître que cette distinction n’est pas très opératoire pour qui recherche, en France, un cours de Yoga et tâche de s’orienter dans la jungle des appellations très diversifiées qui servent à désigner les écoles.

La grande majorité des cours de Yoga dispensés en Occident sont, en fait, des cours de Hatha Yoga. Il en existe de différents niveaux, ce qui, par principe, est très bien. Malheureusement, trop souvent cette hiérarchisation est établie sur un critère formel (à savoir la difficulté technique des postures), et non sur le niveau de réalisation des participants.

Pour qu’une pratique soit réellement authentique, il est indispensable que les règles éthiques correspondant aux deux premiers stades de l’Ashtanga Yoga soit pleinement intégrées, en particulier la non-violence. Il est par ailleurs essentiel que la mise en œuvre des postures et des exercices de maitrise des souffles s’accompagne du développement de la concentration et de la stabilisation de l’esprit. En effet, « l’objectif du Yoga est de mettre fin aux tourbillons de la pensée », comme nous le précise très clairement Patanjali (Yoga Sutra, 2eme aphorisme*).

Ainsi, percevoir à la fin d’un cours de Yoga que notre esprit est plus paisible et stable constituera indiscutablement un critère précieux d’authenticité de l’enseignement.

·        *Une autre traduction possible de ce célèbre aphorisme « Yoga citta vritti nirodha » est donnée par Phan-Chon-Tôn: « Le yoga consiste à empêcher la formation des phénomènes mentaux »

.                                                                                    Christian Ledain

 

Bibliographie :

« Le Yoga de Patanjali » par Phan-Chon-Tôn, ed Adyar, 2000

« Hatha-Yoga-Pradipika », introduction, traduction et commentaire par Tara Michael, ed Fayard,1974

mercredi 12 août 2015

« La méditation m’a sauvé »


Cet article est dédié à celles et ceux qui connaissent des difficultés de santé et qui ne savent pas comment en sortir. Que ces personnes, dont la santé est compromise, puissent trouver un message d’espoir, qu’elles sachent qu’une guérison est possible, même pour les maladies les plus graves, même pour les cas où l’on pourrait désespérer.

Il existe de nombreux ouvrages sur la méditation et les Yoga internes de l’énergie. Mais il en est peu qui livrent des témoignages authentiques sur les réalisations élevées auxquelles ces pratiques conduisent. A cet égard, l’ouvrage « La méditation m’a sauvé »*de Phakyab Rinpoché est tout à fait exceptionnel.

Torturé pendant plusieurs semaines dans les prisons chinoises, ce moine tibétain parvient à fuir et à traverser à pied l’Himalaya. Réfugié en Inde, il part pour les Etats Unis où les médecins diagnostiquent une gangrène à son pied, ainsi qu’une tuberculose osseuse. Pour traiter cette cheville détruite, tous les spécialistes occidentaux consultés recommandent d’urgence l’amputation sous le genou. Refusant cette opération, Phakyab Rinpoché se cloitre alors dans une petite chambre de Manhattan pour y pratiquer intensément, à raison de 17 heures par jour, les Yogas internes de l’énergie. Au bout de trois ans, la guérison est complète : non seulement la gangrène est stoppée, mais les cartilages, les chairs, les nerfs détruits sont régénérés et cet ouvrage, destiné à enseigner au monde entier l’art de guérir, est écrit.

Tout dans ce livre nous dépasse et nous inspire : les violences subies, le drame qui se noue, la simplicité et l’humilité confondantes de l’auteur, sa conduite héroïque, et, enfin, la guérison complète que nous sommes tentés de qualifier de miraculeuse. Pourtant cette guérison, la médecine et les enseignements traditionnels l’expliquent très bien : c’est l’esprit qui guérit.

Il est possible de pratiquer le Yoga de façon laïque, comme nous le faisons en cours, c’est-à-dire sans rattacher la pratique à une tradition spirituelle particulière. Pourtant, lorsque l’on veut obtenir une libération profonde des difficultés qui nous affligent, il devient alors nécessaire d’articuler cette pratique à un ensemble philosophique qui en en constitue le fondement et en révèle pleinement la portée. C’est la raison pour laquelle les Yogis, selon leurs affinités, se relient à l’une des grandes traditions spirituelles de l’Inde : l’hindouisme, le jaïnisme ou le bouddhisme. Le moine qui fait ici le récit de sa vie suit les enseignements du bouddhisme. Mais il n’est pas nécessaire d’être bouddhiste pour être  touché et inspiré par son exemple.

Profondément respectueux des êtres, l’auteur ne prétend pas exposer une voie unique qui conviendrait à tous. « Il ne fait pas de doute, à mes yeux , écrit-il, que d’autres religions ou pratiques méditatives comme le reiki ou le qi gong, par exemple, peuvent soigner des maladies aussi graves que le cancer ou le sida. En fait, ce n’est pas telle ou telle tradition qui donne la guérison, c’est de savoir utiliser l’énergie de son esprit. Peu importe la méthode, peu importe la religion, que l’on soit chrétien, musulman ou hindouiste, chaque système de croyance a développé une approche thérapeutique. La mienne me convient car elle contient la méditation de la lumière et de la vacuité, dans la dimension de transformation qui est celle de bodhicitta, l’esprit d’éveil altruiste. Mais je sais que cette approche qui m’a sauvé est loin d’être unique. Et je m’en réjouis car les mentalités des êtres diffèrent. Il est bon de leur présenter divers systèmes pour qu’ils bénéficient du plus adapté et du plus efficace. » (page 211).

Les pratiques de Hatha Yoga que nous accomplissons modestement en cours, les postures, le Pranayama, la méditation, préparent aux pratiques méditatives qui sont citées dans cet ouvrage. C’est une autre des raisons qui m’incitent à vous parler de ce livre.

Dans l’ère de dégénérescence où nous vivons, que les Yogis nomment Kali Yuga, il est bon de savoir qu’existent des sources pures où puiser espoir, inspiration et remède à tous nos maux.

Christian Ledain

Professeur de Hatha Yoga et Maître initiateur de Reiki

* Phakyab RINPOCHE « La méditation m'a sauvé », édition Cherche-Midi, 2014

mardi 16 juin 2015

Mouvements oculaires


Je voudrais vous présenter certains exercices parfois regroupés sous l’appellation de «  Yoga des yeux ». Une telle dénomination est, en réalité, trompeuse : elle laisse entendre qu’il serait possible de pratiquer le Yoga en dissociant complètement telle partie du corps - les yeux - du reste de la personne. Or, il n’existe pas plus de yoga des yeux qu’il n’y a de Yoga des pieds, des bras ou du ventre !

On ne saurait pas non plus parler à propos de ces exercices de « gymnastique oculaire » car se serait en restreindre considérablement la portée.

Le Hatha Yoga ne vise pas à découper le corps en tranches semblables aux rondelles d'un saucisson. Cette discipline se propose de révéler l’unité fondamentale de la personne humaine en allant au-delà des mécanismes mentaux erronés qui cloisonnent, séparent et finissent par ruiner notre harmonie intérieure. Cette unité de l’être procède de l’interrelation constante de toutes les parties de notre corps, non seulement entre elles, mais aussi avec notre souffle et avec notre esprit.

Bien sûr, en raison des aléas de notre vie, il peut être nécessaire, à un moment donné, de solliciter plus spécifiquement telle ou telle région de notre corps. Ainsi, sera-t-il indispensable, après un accident de voiture, de pratiquer une gymnastique rééducative centrée sur la mobilisation des jambes. Mais on ne saurait, dans cette circonstance, parler de Yoga car l’esprit et la finalité de notre discipline sont tout autres.

Ni "Yoga des yeux", ni "gymnastique oculaire", nous désignerons les exercices suivant sous l’appellation de « mouvements oculaires ».

A l’intérieur du Hatha Yoga, les mouvements oculaires doivent être différenciés des drishti. Le terme drishti signifie « regard » en sanskrit et sert plus particulièrement à désigner les points de focalisation qui sont utilisés dans certaines postures. Ainsi, dans Trikonasana, la posture du triangle, une main repose au sol entre les deux jambes tendues tandis que l’on regarde intensément l’autre main dirigée vers le plafond. Dans les drishtis le mouvement des yeux est suspendu, le regard devient immobile, ce qui n’est pas le cas pour les exercices que nous allons décrire.

La mise en œuvre de ces pratiques oculaires est devenue aujourd’hui très importante en raison de la transformation de notre société et de notre mode de vie. En effet, le développement considérable des technologies nous amène à poser de plus en plus souvent le regard sur des écrans. Que cela soit durant le temps de travail, ou au cours de nos loisirs, nos yeux sont maintes fois exposés à des écrans d’ordinateur, des consoles de jeux, des téléviseurs, ou autres tablettes. Devant tous ces écrans notre regard se fatigue car il émane d’eux un rayonnement magnétique intense. Ainsi, nos yeux se reposent-t-ils de moins en moins souvent, ce qui occasionne fatigue, tension, maux de tête, perte d’énergie, et finalement affaissement de notre état de santé général. Aussi les exercices que nous décrivons vont considérablement aider à soulager ces maux. Mais leurs bienfaits sont beaucoup plus larges encore.

L’importance de la région oculaire est trop souvent restreinte, limitée à la capacité de voir. En fait, nos yeux nous exposent, nous révèlent au monde extérieur, tout autant qu’ils nous permettent de percevoir ce monde extérieur. On connait ainsi quelqu’un en le regardant droit dans les yeux, et en lisant les pensées qui l’animent. Le regard permet aussi d’agir: un regard mal intentionné peut blesser aussi surement qu’une flèche empoisonnée, tandis qu’un regard bienveillant apaise; et les personnes qui, parmi vous, pratiquent les soins énergétiques savent bien qu’il est possible de soigner par le regard, lequel devient ainsi le vecteur de l’énergie de guérison.

C’est donc avec une vue extrêmement large qu’il convient d’aborder les exercices qui sont ici présentés. Leur mise en œuvre régulière favorise une belle expression de soi, permet de manifester une présence assurée, une volonté ferme dans le champ des relations sociales, et de développer notre capacité à soigner.

Bien sûr, les personnes qui connaissent quelques difficultés avec leurs yeux (myopie, astigmatisme, hypermétropie….) puiseront dans ce problème une source de motivation supplémentaire. Il a, en effet, été constaté que les pratiques oculaires freinent considérablement l’aggravation de ces défauts, et peuvent même améliorer considérablement la situation. Ainsi, plusieurs personnes myopes ont pu « récupérer » quelques dioptries grâce à la pratique régulière de ces exercices et elles durent même changer leurs lunettes pour disposer de verres moins épais ! Evidemment, ces exercices ont aussi des vertus préventives et des personnes disposant d’une excellente vue pourront ainsi mieux la préserver.

1.       Recommandations générales

A l’occasion des exercices décrits ci-dessous, la région oculaire se trouve particulièrement sollicitée. Aussi, veille-t-on à prendre conscience de ce qui se passe à l’arrière des yeux, en percevant avec la plus grande finesse possible la contraction des muscles oculaires. Par ailleurs, les déplacements du regard doivent être accomplis pleinement, avec la plus grande amplitude possible afin que la mobilisation musculaire soit entière.

Quand le regard se repose, entre deux exercices, le pratiquant est réceptif à cette sensation agréable et la savoure pleinement.

Mais, notre corps formant un tout, nous veillerons à ne pas limiter le champ de notre attention à la seule région oculaire. L’esprit spacieux, ouvert à tout ce qui se présente, nous prendrons aussi conscience des modifications qui surviennent au niveau de toute notre tête, puis dans tout notre corps, et on accueillera les transformations qui s’élèvent dans notre esprit.

Tous les exercices se pratiquent en posture dite méditative : vous êtes en position assise, le dos bien droit, la cage thoracique ouverte, les mains reposant sur les genoux, le menton légèrement repoussé en arrière, la nuque bien étirée, la tête droite. Il est, bien sûr, possible de pratiquer assis sur une chaise.

Pour s’aider, on peut se servir au départ d'une main, en plaçant le regard sur le sommet de l’index. Mais, dès que le principe de l’exercice est compris, on peut laisser cette main au repos sur le genou.

2.       La contraction rythmée des muscles oculaires

Le regard placé à l’horizontale, à l’occasion d’une longue inspiration, vous ouvrez très largement les yeux. Les yeux doivent être véritablement écarquillés sans rien regarder en particulier. Puis, sur une longue expiration, vous fermez les yeux, le plus fortement possible, en veillant à ne crisper aucune autre région du corps : gardez les mâchoires desserrées, les épaules relâchées. C’est une tendance naturelle que nous avons tous : étant bien appliqués, soucieux de bien faire, nous en faisons parfois trop. Ainsi, en ne voulant contracter qu’un muscle, est-on tenté de tétaniser toute une région. Il importe donc d’être vigilant et de ne mobiliser que les seuls muscles oculaires en laissant tous les autres se reposer pleinement.

Faites cet exercice trois à cinq fois de suite, puis laissez votre regard se reposer, les paupières closes.

3.       Le déplacement linéaire en profondeur devant soi

Le principe est très simple : Il s’agit de déplacer le regard, rivé sur un point qui s’éloigne, puis se rapproche de soi.


A l'inspiration, l'index se rapproche du nez, à l'expiration il s'en éloigne
Cet exercice met en œuvre la capacité d’accommodation du regard, c’est-à-dire la mise au point effectuée par les yeux pour leur permettre de regarder à des distances différentes.

Ce mouvement oculaire combine deux Drishtis : Maddya qui consiste à fixer un point dans l'espace devant soi, et Nasagra qui amène à loucher en regardant le bout de son nez.

Comme il est très difficile de procéder à cette accommodation de l’œil sans le secours d’un support visuel, on va s’aider de la main droite. Mais, si on est très concentré, on pourra s’en abstenir.

On tend ainsi le bras droit devant soi, l’index vertical. On fixe du regard la partie supérieure de l’index. Le regard restera accroché à ce point durant tout le temps de la pratique. Sur une longue inspiration, l’index se rapproche lentement du nez, ce qui nous amène à loucher progressivement. Puis, à l’expiration, l’index s’éloigne du nez. On veille particulièrement à n’accélérer ni le rythme respiratoire, ni le déplacement de la main. Au bout de quelques mouvements, des picotements apparaitront, peut-être, au niveau des yeux. Dans ce cas, on prendra tranquillement conscience de leur existence, sans pour autant interrompre l’exercice. Pourquoi une telle attitude ? Parce que ces manifestations indiquent tout d’abord que « cela » travaille correctement. Ensuite, parce que cette attitude nous permet de sortir du cycle délétère dans lequel nous sommes pris inconsciemment : l’action, suivie de la réaction automatique. Donc, on se contentera d’identifier ces picotements sans en être affecté, sans vouloir les chasser, et on les laissera simplement passer.

Faites cet exercice trois à cinq fois de suite, puis laissez votre regard se reposer, les paupières closes

Comme le regard est en mouvement, cette pratique ne saurait être confondue avec Trataka ou avec Shambavi mudra qui supposent la fixité du regard sur un point immobile.

4.       le déplacement horizontal

Le déplacement oculaire suivant combine deux autres drishtis : Dakshina qui porte le regard au maximum vers la droite et Vama qui consiste à effectuer la même chose vers la gauche.

1 A l'inspiration, déplacez le regard vers la droite
2 A l'expiration , ramenez le regard au centre
3 A l'inspiration, déplacez le regard vers la gauche
4 A l'expiration, ramenez le regard au centre
Commencez par placer votre regard à l’horizontale. Puis, sur une lente inspiration, laissez vos yeux se déplacer lentement et régulièrement vers la droite, le plus loin possible. A l’expiration, ramenez doucement le regard au centre. Puis, sur l’inspiration suivante, déplacez votre regard  tranquillement vers la gauche, en poussant celui-ci à l’extrême. Enfin, lors de l’expiration suivante, ramenez votre regard au centre.

Réalisez cet exercice trois à cinq fois de suite, puis laissez votre regard se reposer, les paupières closes.

Si c’est nécessaire, durant une phase d’apprentissage, on peut s’aider en tendant le bras droit devant soi et en suivant du regard le déplacement de la main. Mais, très rapidement, on pourra s’en dispenser.

5.       Le déplacement vertical

Sur une lente inspiration, faites se déplacer vos yeux lentement vers le zénith, en montant le plus haut possible. Puis, à l’expiration, ramenez tranquillement le regard à l’horizontale. Sur l’inspiration suivante, déplacez votre regard vers le nadir, en le descendant le plus bas possible. Puis, à l’expiration suivante, ramenez-le à l’horizontale.

Réalisez cet exercice trois à cinq fois de suite, puis laissez votre regard se reposer, les paupières closes.



1 A l'inspiration, montez le regard au maximum

2 A l'expiration, ramenez le regard au centre
3 A l'inspiration, abaissez le regard au maximum


 
4 A l'expiration, ramenez le regard au centre
 
6.       La rotation du regard

Le principe de ce déplacement circulaire est très simple : imaginez que vous soyez face au cadran d’une immense pendule et que vous suiviez du regard le déplacement progressif de la trotteuse. Votre regard décrit ainsi un très large cercle dans le sens des aiguilles d’une montre. Votre tête, bien droite, ne doit absolument pas se déplacer durant le temps de la pratique : seuls les yeux bougent.
Le regard se déplace lentement comme si on suivait le déplacement d'une trotteuse

Concrètement, commencez par diriger votre regard vers le haut. Durant une expiration, vos yeux descendent en se déplaçant le long de la circonférence du cercle que vous tracez mentalement. Quand vos poumons sont vides, votre regard est parvenu au nadir. Il amorce alors, sur une inspiration, une remontée vers la gauche, toujours en décrivant un très large cercle.

Vous effectuez 3 rotations du regard dans le sens des aiguilles d’une montre. Puis vous accomplissez trois rotations dans le sens inverse. Enfin, vous alternez : décrivez un cercle vers la droite, puis un cercle vers la gauche, cela trois fois de suite.

Veillez particulièrement à ce que la rotation du regard se fasse tranquillement, sans aucune précipitation, en prenant appui sur une respiration posée et régulée : à l’expiration, le regard descend, à l’inspiration, il remonte.  ;

L’attention ne se disperse pas : durant la rotation du regard, on ne prête attention à rien de ce que l’on voit : on est concentré sur la sensation de la mobilisation des muscles à l’arrière des globes oculaires.

Quand vous avez terminé, laissez votre regard se reposer, se détendre, les paupières closes pendant quelques instants. Et toujours, soyez à l’écoute de vos sensations. L’esprit ouvert, disponible pour accueillir toutes les manifestations qui se présentent.
7.       Déplacement oculaire avec pression sur les yeux

Placez le bas de vos paumes sur vos paupières closes et exercez-y une pression. Attention, il convient d’être précis : ce n’est pas le centre des paumes qu’il convient de placer devant les yeux, mais la partie inférieure de la main, osseuse. Cette pression doit combiner douceur et fermeté. Elle ne doit donc être ni violente, ni imperceptible.

Pendant ce temps, veillez à ne crisper aucune partie du corps, notamment les épaules, les mâchoires et les doigts des mains. Car c’est une tendance largement partagée : quand on est très appliqué, soucieux de faire au mieux, on est tenté d’en rajouter dans l’effort, et on parvient alors à tout tétaniser.

Tout en maintenant la pression constante avec les mains, commencez à effectuer un déplacement oculaire :  regardez tout d’abord, le plus possible vers le haut, puis le plus possible vers le bas, ensuite le plus loin possible vers la droite, enfin le plus loin possible vers la gauche. Tandis que vos yeux se déplacent sous vos paupières, vous sentez que la forme de l’œil n’est pas exactement ronde. Vous effectuez trois fois ce mouvement, puis vous inventez vous-même votre propre parcours.

Durant cette pratique, le rythme du déplacement oculaire et celui de la respiration doivent être maitrisés. Ceci est très important. En effet, dans notre vie quotidienne, nous nous centrons sur nos activités et oublions totalement notre respiration qui s’adapte ainsi involontairement au rythme de notre action. Dans cet exercice, nous pourrions, à tort, être tentés d’effectuer des mouvements oculaires rapides et de laisser ainsi notre souffle « courir » après nos déplacements oculaires. Il en découlerait très rapidement de l’agitation mentale. Voilà pourquoi la maitrise de la respiration et le maintien de mouvements oculaires lents sont si importants.

CONCLUSION

Il n’est pas fait référence à ces pratiques dans les textes ancestraux, tels que les Yoga Sutra, le Hatha Yoga Pradipika, ou les Upanishads qui exposent les pratiques fondamentales du Yoga. Cependant, ces exercices n’en méritent pas moins d’être intégrés à une séance de Hatha Yoga contemporaine, et ceci pour plusieurs raisons.

Inspirés des Drishtis, les points de concentration du regard, ces exercices correspondent aux besoins d’une population moderne exposée aux écrans. Par ailleurs, leur mise en œuvre s’effectue dans le respect des principes fondamentaux du Yoga : ces techniques oculaires doivent être accomplies dans une posture appropriée, avec une respiration épanouie et une activité mentale régulée.

Le Hatha Yoga est une discipline vivante et non un monument du passé : il est fondamentalement une voie de libération de l’être qui prend en compte l’évolution du monde dans lequel l’être humain se situe.

Aussi, la mise en œuvre régulière des mouvements oculaires, à raison de 10 minutes, vous permettra de vous reposer, vous régénérer, rétablir un excellent état de santé et trouver une paix intérieure à laquelle nous aspirons tous.
Christian Ledain