mercredi 29 avril 2009

YOGA - PRENDRE LA POSTURE SUR LA TÊTE

La posture sur la tête (Kapalasana) nous fait parfois rêver en raison de son coté un peu acrobatique . Il est vrai : la tête en bas , les pieds en l’air, voilà qui n’est pas commun !
Quand j’ai découvert le Yoga à l’Université cette posture me fascinait presque. Je savais instinctivement qu’il y avait là moyen d'ouvrir un monde de possibles. Cependant, malgré mes efforts répétés en cours, impossible de prendre la posture ! Je rêvais de longues chevauchées , mais n'arrivais pas même à me mettre en selle . Comment apprivoiser une bête si rétive ?
Il me fallait donc une méthode. Quelque chose de fiable et d'assuré qui me permette de progresser à mon rythme.
Cette méthode, la voici; je voudrais la partager avec vous.

De façon générale, Kapalasana est accessible aux personnes qui suivent régulièrement le cours de Yoga. Le poids, quelques kilos de trop, ne sont pas un obstacle insurmontable. Pas plus qu’une musculature un peu lâche . Et je vois parfois des personnes qui disposent des qualités mentales et physiques requises s’empêcher de prendre la posture. Ceci est d’ailleurs bien compréhensible. Quand on pratique en groupe, on manque parfois d’assurance : on peut craindre de perdre l’équilibre, de se ridiculiser ou d’entraîner quelqu’un d’autre dans sa chute. Voilà pourquoi il est bon de s’entraîner un peu chez soi : on y a le temps et la place nécessaires.
Personnellement, j’ai dû m’y atteler trois soirs de suite. Je craignais tout particulièrement de me tordre le cou si je chutais. Je posais donc quelques coussins devant moi, prenais la posture, priais le saint patron des Yogis et … provoquais délibérément ma chute. Finalement, il ne m’arriva rien du tout : je roulais simplement. Je pouvais donc , sans aucune crainte, prendre complètement la posture.

Voici donc comment procéder :

1. La constitution du triangle d’appui

Tout d'abord, s’asseoir sur les talons et poser les avant-bras une dizaine de centimètres devant soi en insérant les mains dans les plis des coudes.
Déplier ensuite les avant-bras de façon que les extrémités des doigts des deux mains se touchent. On constate alors de visu que les avant-bras et les mains forment les deux cotés d’un triangle équilatéral (3 cotés égaux) :
. au sommet de ce triangle (A), placer la tête ; plus précisément, on place au sol la région située immédiatement au dessus de la racine des cheveux.
. à la base du triangle ( B et C) , placer très exactement le centre des paumes des mains gauche et droite.
Si les coudes partent vers l’extérieur - un peu comme les ailes d’un poulet - on les ramènera vers soi en faisant peut être pivoter les poignets.









Vous disposez alors d’un trépied solide qui va vous permettre de prendre un appui ferme et stable et de poursuivre la posture sans grande difficulté. L’expérience montre que dans la moitié des cas, les personnes qui ne parviennent pas à prendre la posture ne placent pas leurs mains et leur tête aux bons endroits. Cinq centimètres de trop à droite, autant à gauche, et les proportions justes ne sont plus respectées. Il vous arrive ce survient à toute construction : si les fondations ne sont pas correctement posées , ce qui est posé dessus immanquablement s’écroule ! N’en soyez cependant pas découragé. Vos échecs sont autant d’occasions d’apprendre par vous même : recommencez en prenant alors votre temps, vos lunettes et vos instruments de géomètre !


2. Placer le bassin au dessus de la tête

Toujours en étant assis sur vos talons, vos orteils accrochent le sol et vous soulevez le bassin . Ceci vous amène mécaniquement à tendre les jambes.
Vous avancez alors le pied droit de 10 cm, puis le pied gauche et recommencez ainsi de suite. Vous constatez alors que votre dos se redresse lentement et que vos genoux se rapprochent de vos coudes .
Vous pouvez alors poser tranquillement un genou sur un coude, puis l’autre genou sur l’autre coude. Plus facile à dire qu'à faire : il vous faudra parfois un peu de persévérance à ce stade.




Vous êtes alors en équilibre avec un appui sur les mains et sur la tête (votre trépied) .
Pour certaines personnes ce stade doit être consolidé. En d’autres termes, il est sage de ne pas aller plus avant si votre attitude n’est pas ferme, stable et confortable.


3. Monter les jambes

Rappelons qu’il est essentiel de ne pas se presser pour monter les jambes. Mieux vaut s’abstenir de tendre directement les jambes, ce qui est cause de déséquilibre. Il est donc préférable de procéder en deux étapes :
. dans un premier temps, pointer les genoux vers le plafond ;
. puis, déplier complètement les jambes.


Pour apprivoiser cette phase, il peut être nécessaire d’utiliser l’appui d’un mur. Ainsi, lorsque l’on forme le trépied, on place l’extrémité des mains une dizaine de centimètres devant le mur. De cette façon , on laisse de l’espace pour les muscles fessiers. On prendra ainsi appui sur le mur au niveau des fessiers , puis au niveau des talons.

Garder la posture 1 à 2 minutes est une excellente pratique journalière, pour celles et ceux qui le peuvent .
Vous pourrez par vous même expérimenter les bienfaits de cette posture. Votre propre expérience constituant un enseignement irremplaçable.
Bien sûr, en cas de gêne ou de douleur, vous aurez la sagesse d’interrompre immédiatement cette posture.


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