mercredi 22 juin 2011

LA PERSONNE HUMAINE SELON LE YOGA –VEDANTA (DEBUT)

Le Yoga représente l'un des Sat Darshana, une des six "vues" sur le monde et l'être humain présentée par l'hindouisme. Bien souvent, le système du Yoga se trouve rapproché d'un autre Darshana, le Védanta. De façon grossière, on peut dire que le Védanta constitue la "théorie", dont le Yoga représenterait la "pratique".


Selon le Védanta, la condition ordinaire de l’être humain est l’ignorance (Avydia). Cette ignorance résulte de l’emprise qu’a sur nous la Maya, l’illusion, ce voile qui nous masque la réalité profonde des phénomènes et de notre propre nature. Bien sûr, le Védanta se propose de lever ce voile et de révéler à l’être humain la réalité profonde et authentique de sa condition. L’élément central de cette théorie est l’affirmation qu’en l’homme existe un principe, nommé atman, que l’on peut traduire par âme. Cet atman individuel a pour caractéristique de posséder une nature identique à celle du Brahman, l’Absolu non personnifié, que l’on peut appeler Dieu.
Tant que la personne est le jouet de l’illusion, l’âme est condamnée à se réincarner et à errer dans le samsara. La dissipation de cette illusion conduira l’âme à la Libération.


Bien sur, nous sommes libres de ne pas adhérer à cette conception hindouiste de l’être humain et de conserver nos convictions philosophiques personnelles. D’ailleurs, les bouddhistes ne se privent pas de réfuter cette théorie de l’atman : ils affirment rechercher l’âme partout dans l’être humain, mais ne la trouvant nulle part, se voient obligés de conclure à son inexistence.


Pour les pratiquants occidentaux du Yoga, cette question de l’existence de l’âme ne doit pas être un obstacle. Mettons la de coté et ne nous empêchons pas de nous émerveiller devant la profondeur et la richesse du Védanta. Car, cette pensée présente des traits de la nature humaine dont chacun de nous peut vérifier la justesse du fait de sa seule expérience. En d’autres termes, toute personne qui pratique le Yoga peut confirmer que certains aspects de la théorie du Védanta sont exacts. Il nous sera dès lors possible d’intégrer ces éléments à nos conceptions personnelles.



11 LA PERSONNE HUMAINE, COMPARABLE A UN OIGNON

Selon le Védanta, la personne humaine peut être comparée à un oignon.
Un oignon comporte différentes couches, différentes enveloppes. Cela semble évident à toute personne qui a déjà passé un peu de temps en cuisine !
Rien de plus simple, donc, en apparence, qu’un oignon. Pourtant, en réalité, rien de plus trompeur !
Prenons l’exemple d’une personne qui découvre un oignon pour la première fois de sa vie : elle retire une épaisseur et croit alors être en contact avec le centre de l’oignon. Mais, grattant un peu, cette personne découvre que ce qu’elle pensait être le centre, ne constitue en réalité qu’une enveloppe, laquelle recèle à son tour quelque chose d’autre en son milieu, qu’elle prend à nouveau pour le centre. Et ainsi de suite, apparaissent successivement les différentes couches de l’oignon, que la personne retire les unes après les autres, jusqu’à ce qu’elle ait enfin atteint le cœur, minuscule en vérité.

Epluchons donc cet oignon, examinons les différentes enveloppes qui constituent l’être humain.



SCHEMA DE LA PERSONNE HUMAINE


La personne humaine comprend cinq enveloppes réparties sur trois corps ( sharira) :

* Le corps dit grossier ( stuhla sharira)


Il constitue le corps physique que nous connaissons bien. Ce corps est composé de sept éléments : le chyle, le sang, la graisse, la chair, l’os, la moelle et la semence. Il est constituée d’une seule couche, l'enveloppe de nutriment (annamaya-kosha).

* le corps subtil, ou fin (sûkshma-sharîra)


Il est composé de trois couches (koshas) :


. 1 l'enveloppe d'énergie vitale (prânamaya-kosha)

C'est le corps imprégné de Prana, d’énergie. Ce Prana, présent dans l’univers, est aussi présent dans l’être humain et s’y trouve spécialisé par fonctions ( cf. les différents Vayus ):
Pranamaya kosha anime le corps et la pensée. Cette enveloppe unit le corps matériel ( stuhla sharira) et le psychisme ( manomaya kosha).

. 2 l’enveloppe mentale ( manomaya kosha)
Cette enveloppe est composée par les pensées et les émotions. Elle correspond à la dimension psychologique de la personne, à ses traits de caractère, sa personnalité. Cette enveloppe intègre la faculté mentale (manas) et permet d’expérimenter les émotions (colère, tristesse, désir). C’est elle qui expérimente l’illusion .
L’enchaînement de l’être humain à sa condition est le résultat de cette activité mentale. En d’autres termes, c’est ce mental (manas) qui s’illusionne et croit à l’apparence trompeuse des phénomènes. En sens inverse, lorsque manas sera libéré de cette illusion, l’ignorance fondamentale de l’être sera alors dissipée et la personne sera libérée du cycle des réincarnations (samsara).

. 3 Vijñânamaya-kosha constitue l’enveloppe de l’intellect. Cette enveloppe correspond à l’exercice de trois facultés : le raisonnement, la discrimination ( c’est à dire la distinction entre ce qui est réel et ce qui est irréel ou illusoire), et la décision.

* Le corps Causal (kârana-sharîra)

Ilest composé d' une seule enveloppe : l'enveloppe de béatitude ou de la félicité (ânandamaya-kosha). Ânanda est la félicité parfaite, la béatitude absolue, la joie spirituelle ineffable. Cette enveloppe permet d’expérimenter la joie suprême, le bonheur sans limitation. Et cette expérience découle de la proximité du corps causal avec la nature ultime de l’être, l’atman. Ainsi, l’être qui parvient à cette expérience se trouve au plus proche du divin présent à l’intérieur de soi, au plus près de l’atman individuel.

Au centre de l’être se trouve l’atman, lequel ne fait pas partie de ces trois corps.
L’atman constitue la présence en la personne humaine du Soi non manifesté. Sa nature est identique à celle de Dieu.

Swami Sivananda définit ainsi la nature de l’âme : l’atman est Shiva ; l’atman est le Brahman ; l’atman est infini ; l’atman est éternel, toujours pur, parfait, toujours libre, sans attachement, témoin, sans changement. L’atman n’est pas le corps physique . L’atman n’est pas non plus le Prana (cf. Swami Sivananda, Vedanta for beginners, page 23 ).

L'atman est présent dans l’être humain. Cependant son existence est masquée par l’ensemble des enveloppes (koshas) qui l’entourent.
L’être humain qui s’identifie à l’une ou l’autre de ces couches baigne, en vérité, dans l’ignorance. Cette méconnaissance revêt différents niveaux de profondeur. Ainsi, l’ignorance la plus grossière consiste à s’identifier au corps physique, à croire que l’être humain se résume à son corps matériel. Un niveau d’ignorance moins marqué consiste à croire que la personne humaine se résume à un corps matériel articulé à un corps subtil. Un niveau d’ignorance encore plus ténu aboutit à assimiler la personne humaine à ses trois corps (matériel, énergétique et causal). Enfin, selon le Védanta, la connaissance parfaite consiste à faire l’expérience de ces trois corps, tout en reconnaissant leur articulation avec l’atman.




Suite à venir...

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jeudi 9 juin 2011

LES SOURCES DE PRANA ASSIMILABLES PAR L’ÊTRE HUMAIN

Tout au long de notre existence, en permanence, notre corps dépense du Prana. Même si nous n’étions engagés dans aucune activité, et que nous passions nos journées allongés sans rien faire, le maintien de nos fonctions physiologiques (circulation sanguine, travail du système digestif, respiration…) nécessiterait une grande consommation d’énergie. Il nous faut donc nous alimenter constamment en Prana afin de compenser cette déperdition.
Le langage commun exprime d’ailleurs bien cette nécessité, comme dans l’expression usuelle : « j’ai besoin de me recharger en énergie ».

Toutefois, n’importe quelle manifestation du Prana n’est pas utilisable par notre corps. Ainsi, mettre ses doigts dans une prise électrique de 220 volts n’est pas la façon la plus appropriée de se ressourcer !
Il est donc nécessaire de préciser quelles sont les sources de Prana auprès desquelles l’être humain va pouvoir tranquillement puiser.

Celles-ci sont bien connues : la nourriture, la boisson, l’air, la lumière, les autres êtres vivants.
Précisons, dès à présent, que ni la nourriture, ni la boisson, ni l’air, ni la lumière, ni les êtres vivants ne sont en eux-mêmes du Prana : ils le transportent, et en sont simplement les vecteurs.

 la nourriture et la boisson.
Pour que la nourriture soit réellement une source de Prana, il est nécessaire que cette alimentation soit fraîche. Ainsi, les aliments rassis ou fermentés ne comportent pas de Prana.
La viande présentée sur l’étal du boucher est, elle aussi, totalement dépourvue d’énergie. En effet, seul ce qui est vivant peut transmettre du Prana, en vertu du principe qu’on ne peut donner que ce l’on possède. Or, par définition, l’animal qui a été tué n’est plus vivant. Certes, cette viande fournit à notre organisme des composés chimiques (protéines) dont il a besoin pour constituer sa masse musculaire. Mais, cette viande est totalement dépourvue de Prana.
La langue est l'organe qui nous permet de prendre l'énergie de la nourriture et de la boisson que nous absorbons. Aussi les Yogis mâchent-il longtemps leurs aliments afin d’en exprimer tout le Prana qu’ils recèlent.

 L’air
L’air que nous inhalons est une source précieuse de Prana. C’est une expérience simple que nous pouvons effectuer chaque jour : quand nous sortons « prendre l’air » nous nous sentons bientôt ragaillardi. Et si nous sortons par grand vent nous allons rapidement nous sentir plein d’enthousiasme, d’énergie.
Aussi est-il important que l’atmosphère dans laquelle nous vivons ne soit pas confinée.



Ce Prana est absorbé au niveau des fosses nasales et au niveau des alvéoles pulmonaires. L'attention portée à ces régions durant la respiration permet d'accroître considérablement la quantité de Prana absorbée.





 La lumière
La lumière naturelle est bénéfique et nous permet de puiser du Prana. Cette absorption se fait essentiellement par la peau. Toutefois, il est important de rappeler que notre exposition au soleil doit être modérée afin d’éviter coups de soleil, insolations et autres tumeurs malignes.
Il existe aussi une pratique qui consiste à tirer la langue face au soleil afin d’en absorber l' énergie. Il s'agit ainsi d'une sorte particulière de bain de bouche, très efficace. Par ailleurs, les Yogis adoptent la posture dite du Lion Rugissant (Simhasana), où la langue, sortie, est pointée vers le bas. Vous pourrez la mettre en œuvre sur la plage, cet été, et ne manquerez pas d'intéresser rapidement beaucoup de monde !

Les échanges humains
Les relations humaines sont aussi particulièrement riches en échanges de Prana. Ainsi, une personne qui en réconforte une autre : c’est un échange de Prana. Untel qui crie après unetelle : c’est encore un échange de Prana !
Nous n’en avons pas toujours conscience, mais ces échanges de Prana dispensés aux travers des relations de la vie quotidienne nous motivent, nous dynamisent, ou au contraire nous sapent notre énergie, voire nous « abattent » moralement.
Nous connaissons tous des personnes, dont la présence, le discours, le charisme, nous revigorent, nous enthousiasment, voire même nous « transportent » ! A l’opposé, nous avons tous en tête des personnes dont nous pouvons dire qu’elles nous « pompent notre énergie » et auprès desquelles nous nous sentons rapidement « vidés ». Là encore, le langage commun rend bien compte d’un phénomène qui tout en étant subtil, est bien réel.
Les vecteurs de transmission de cette énergie sont la pensée, la parole, le regard, la présence, et l’action. Ainsi, un regard accueillant peut réconforter, soutenir; une parole chaleureuse peut apaiser ou dynamiser; la présence silencieuse d’une personne peut constituer une puissante source d’inspiration pour autrui; enfin, une pensée bienveillante, même gardée en notre fors intérieur, sera agissante sur autrui, même si cette action s'avère subtile.
Le support de cette émission d’énergie est l’intention. Ainsi, pour que nos pensées, nos paroles, nos regards, nos actions soient puissamment aidants, il est nécessaire de développer en nous notre aspiration à nous aider nous–même et à aider les autres êtres.



Réciproquement, pour que nous puissions recevoir l'énergie bénéfique que les autres êtres nous adressent, il est nécessaire de nous ouvrir à autrui, de générer de la confiance, et même de la foi. Toutes les bénédictions du monde qui nous sont destinées seraient inopérantes, si nous y demeurions fermés.





Conclusion



Comme on le voit, les Yogis ont recours aux mêmes sources d'énergie que les autres êtres humains. Le Prana nous entoure, sous de multiples formes et ne demande qu'à être canalisé. Ce n'est pas une richesse réservée à certains. Et les bienfaits puissants et réels que tirent les Yogis de leur pratique, ils le doivent à leur effort personnel, ainsi qu'à la générosité de leurs propres maîtres.



Toutefois, vis à vis du Prana, les Yogis se distinguent des autres êtres par quatre attitudes caractéristiques :



. La nécessaire concentration



En canalisant, à certains moments, leur activité mentale sur l' absorption du Prana, les Yogis décuplent la quantité d'énergie qu'ils emmagasinent. Delà, découlent des réalisations qui paraissent hors de portée des personnes dont l'esprit est éparpillé. A titre d'exemple, imaginez que vous alliez à la pompe prendre du carburant : si vous êtes distrait, vous en renverserez l'essentiel sur vos chaussures et seules quelques gouttes arrivent dans le réservoir. Il n'est ensuite pas étonnant que le véhicule ne puisse pas aller très loin. Eh bien, c'est la même chose avec le Prana !



. la mise au point d'exercices spécifiques



Les Yogis ont conçu des exercices très variés permettant de purifier le corps énergétique, d'augmenter la quantité de Prana absorbée, de favoriser son assimilation et sa distribution dans le corps, et d'apprendre à utiliser cette énergie à des fins réellement bénéfiques. La mise en oeuvre de ces pratiques de Pranayama permet d'atteindre une plus grande santé physique et mentale.



. La nécessaire levée des obstacles mentaux



Ces exercices de Pranayama ne peuvent, toutefois, produire pleinement leurs effets que si nous levons en nous les barrières mentales que nous avons posées et qui nous bloquent dans nos réalisations.



A titre d'exemple, il est possible d’envoyer de l’énergie à distance à d’autres personnes et d’activer ainsi en elles le processus de guérison. Cette pratique est techniquement extrêmement simple et toute personne a les moyens de vérifier l'efficacité de ce traitement. La difficulté, la seule qui existe, consiste à accepter que cela puisse se faire. Beaucoup de personnes s'en empêchent, par scepticisme, par attachement aux habitudes, ou ignorance. Mais cela ne fait que conforter en elles un sentiment d'impuissance et de petitesse. Heureusement, à tout moment cette attitude mentale peut être modifiée et nous pouvons retirer les lunettes noires que nous avions chaussées et qui nous faisaient croire que tout est sombre.



La façon habile de lever ce scepticisme est de comprendre profondément la finalité de notre action.



. utiliser le Prana pour le bien des êtres



Tous les êtres humains sont confrontés à certains moments à la douleur. La conscience de cette réalité est une puissante source d'inspiration : si je sais que, gràce au Prana que j'absorbe, je vais pouvoir améliorer ma condition, et celles des autres êtres, alors je vais vraiment trouver que la vie est formidable. La seule chose qui serait vraiment navrante serait de ne rien pouvoir faire pour soi, ni pour les autres. Heureusement, la réalité n'est pas ainsi, et nous pouvons utiliser pleinement le Prana pour entreprendre des actions qui ont vraiment un sens.


Pour m'écrire : christianledain@wanadoo.fr