samedi 23 mai 2009

SOPHROLOGIE - TEMOIGNAGE

Une jeune femme m'avait fait part de ses échecs répétés à l'épreuve du permis de conduire : trois tentatives infructueuses, cela fait beaucoup! Et elle m'annonçait qu'elle renoncerait définitivement si elle échouait encore. J'ai toujours aimé aider les personnes qui connaissent des difficultés, à la condition qu'elles veuillent vraiment s'en sortir.
Quelle que soit la méthode employée (yoga, sophrologie ou reiki), on retrouve la même exigence : la personne doit faire preuve d'ouverture d'esprit et de détermination. L'ouverture d'esprit, c'est accepter d'entendre que ce qui nous paraît ahurissant puisse néanmoins exister; la détermination, c'est l'application renouvelée malgré l'épreuve. Sans cela, on ne ferait que verser des seaux d'eau dans le désert. En vain!
Je lui enseignais donc une méthode couramment enseignée en sophrologie et parfaitement adaptée à sa situation. Elle permet de se projeter avec succès dans l'avenir. Quinze jours plus tard, je la revoyais radieuse au cours de yoga. Tout avait bien marché. Je lui demandais d'écrire son histoire afin que son témoignage puisse aider d'autres personnes, les inciter à garder espoir.
Son récit, que je vous livre ci-dessous, constitue à lui seul un enseignement.


TEMOIGNAGE :

-" Auriez-vous un conseil à me donner ? "
C’est la question que j’ai posée à mon professeur de yoga une semaine avant ma quatrième présentation au permis de conduire.
Pour se rendre compte de l’influence de la réponse qu’il m’a donnée, il me semble important de décrire brièvement le contexte.
Il m’a fallu 7 ans pour avoir mon permis de conduire : quatre auto-écoles différentes, deux passages à l’examen du code, quatre passages à l’examen de conduite, un véritable budget et surtout un vrai parcours intérieur. Sentiment d’échec, renoncement, résignation, larmes, manque de confiance en moi, remise en question se sont succédés et m’ont accompagné avec plus ou moins d’intensité pendant ces 7 années. Plus le temps passait, plus ce permis de conduire prenait de l’importance, était nécessaire, indispensable, pas pour le côté pratique, juste pour moi.
Ca y est, j’avais une date, je le passais pour la quatrième fois la semaine prochaine. Comment allais-je l’aborder cette fois-ci ?
Cela faisait 2 mois que j’étais inscrite au yoga. Je découvrais, je tâtonnais encore avec la pratique. Les cours me faisaient du bien, m’obligeaient à me poser, à respirer. Mon problème étant le stress de l’examen et non la conduite en elle-même, j’avais besoin de trouver ce qui m’aiderait à gérer mon émotion, mon manque de confiance, mon stress.
Peut-être que le yoga pourrait m’aider ? A la fin du cours, je me suis lancée et j’ai demandé conseil au professeur. Je m’attendais à une réponse portant sur les techniques de respiration à pratiquer avant et pendant l’examen.
A ma grande surprise, il m’a proposé de visualiser l’examen de façon positive. Comme un grand sportif avant un match. J’ai été étonnée de sa réponse, mais pourquoi pas !
Dans les premiers temps je ne l’ai pas bien vécu. C’était désagréable, comme une dose de stress que je m’obligeais à vivre avant l’examen. Et puis, je m’y suis tenue, je me suis obligée à décomposer les différentes étapes : l’arrivée sur le centre d’examen, la rencontre avec l’examinateur, l’installation dans la voiture, la conduite... Je me suis même permis de ressentir et d’imaginer la réussite à l’examen ! Je me suis imposée cet exercice tous les jours, en évacuant à chaque fois un peu plus le stress et les émotions. Je l’ai vécue comme une dose de sensations désagréables dont je me déchargeais un peu plus tous les jours au lieu de me présenter avec le jour de l’examen.
Et ça a marché ! Cette technique m’a vraiment servie. Je me suis permis de me faire confiance. Je me suis autorisée à l’avoir,ce permis…
Aujourd’hui, je conduis sans appréhension et avec plaisir.
Cette " visualisation positive " fait aujourd’hui partie de moi et je sais que je la réutiliserai…

lundi 18 mai 2009

YOGA - JANUSHIRSASANA

Les postures de Yoga portent des noms en sanskrit, la langue sacrée de l’Inde. Utiliser le nom originel permet non seulement de ne pas faire de contresens dans l’interprétation de la posture, mais donne encore un charme indiscutable à votre conversation !

Les noms donnés aux postures sont d’origine très diverse : nom d’une personne (Matsyendrasana, en hommage au Rishi Matsyendra), d’un animal (Bhujangâsana, le cobra), d’un objet ( Halasana, la charrue), d’un élément naturel (Vrikshasana, l’arbre)... Ce nom n’a pourtant rien d’arbitraire et renvoie à la signification profonde de la posture que le Yogi, qui cultive la sagesse, doit découvrir.
Pour que vous n’ayez pas trop mal à la tête dès ce début de semaine, j’ai choisi de vous présenter Janushirsasana, à tort appelé parfois " pince debout ". Janushirsâsana accole deux noms : Sirsa (la tête) et Janu (les genoux). L’étymologie nous laisse ainsi entrevoir que la posture est réalisée lorsque le front est rapproché des genoux, voire posé sur eux. Mais ce nom importe bien plus par ce qu’il tait que par ce qu’il exprime. Le mot sanskrit Janushirsâsana nous enseigne ainsi, en creux, que le chemin qui mène à la posture est plus important que le résultat final apparent. Le Yoga est une voie de développement, un chemin que l’on emprunte, pas un Grand Prix de formule 1. Sinon gare à la casse !

Ce cheminement, le voici. La posture se prépare en position debout, les deux pieds joints, les bras ballants.
La première étape constitue une véritable relaxation dynamique. On laisse le tronc descendre tout doucement, en prenant bien conscience de la détente progressive de toutes les parties du corps. Ainsi, à mesure que le buste fléchit vers l’avant, on sent le menton tomber doucement et se rapprocher du cou. C’est alors l’occasion de ressentir la décontraction de la région cervicale. Et puis, à mesure que la flexion se propage en descendant vers le bas du dos, on sent les bras relâchés pendre agréablement devant soi, tandis que les épaules s’abaissent. La flexion se propage lentement le long de la colonne vertébrale et toute la partie supérieure du corps pend confortablement. La pesanteur aide ainsi à libérer les tensions emmagasinées. Cette descente s’effectue dans un esprit de complet lâcher-prise, en ne recherchant rien d’autre que le bien-être de la détente. A un moment donné, votre corps s’arrête, de lui-même. Respectez cette frontière qui constitue votre limite protectrice et renoncez à vouloir descendre plus avant, pas même d’un millimètre. Sans cela vous créeriez instantanément en vous un conflit qui ferait voler en éclat toute union ( yoga en sanskrit). A quoi bon, d’ailleurs, descendre plus bas, il n’y a rien à ramasser au sol !

Une autre phase du travail commence alors.
Pliez les genoux légèrement pour permettre à votre abdomen de se coller à vos cuisses. Vous installez ainsi la bascule de votre bassin, sans laquelle il n’y aurait pas de posture. Le chakra correspondant se trouve sollicité et vous percevez que tout votre dos est étiré. Ce travail, faut-il le rappeler, s’effectue avec douceur, progression et fermeté. Prenez le temps de sentir cet étirement depuis la pointe du coccyx jusqu’à la région cervicale. Comme la corde d’un violon que fait vibrer l’archet, que cette corde soit tendue - pour qu’un son puisse s’élever - sans qu'elle le soit trop - afin de ne pas casser. Laissez, finalement, votre front se rapprocher de vos genoux . Ainsi, cette proximité du front et des genoux, que révèle le nom Janushirsasana, ne constitue que la phase ultime d’un processus qu’il faut vivre pleinement et dans son ensemble.
Dès lors, cette posture apparaît comme la métaphore de notre vie. Sommes nous donc si pressés d'en arriver au terme ? Voilà bien ce qu’il faudrait méditer.

Certains ouvrages appellent à tort Janushirshasana " la pince debout ". Cette francisation, fort louable, est malheureusement trompeuse : il n’y a ici pas plus de pince que de crabe, et la seule chose que vous pourriez bien obtenir c’est le pincement d’un disque intervertébral, ce qui n’est assurément pas souhaitable ! Si par contre, vous prenez le temps de vivre pleinement chaque étape de cette posture, en renonçant à tout esprit de compétition, d’orgueil, vous soulagerez incontestablement votre dos.

Janushirsasana nous invite ainsi à chercher en nous même l’essence du Yoga. Cette posture fait appel à notre sagesse inhérente, à notre créativité et à notre liberté.

jeudi 7 mai 2009

YOGA - MEDITATION SHAMATHA

Patanjali dans les Yoga sutra ( -IVe siècle ?) a présenté les différentes étapes de la pratique du Yoga classique. Ces phases sont au nombre de huit, d'où le nom d'Ashtanga Yoga ("discipline en huit membres") habituellement attribué à la pratique décrite par l'auteur : Yama, Niyama, Asana, Pranayama, Pratyahara, Dharana, Dhyana, Samadhi. La méditation (Dhyana) constitue donc une phase avancée de la pratique du Yoga, celle qui lui confère une incontestable profondeur .
Il existe différentes formes de méditation. Celle que je présente ici porte le nom sankrit de Shamatha . "Shama" désigne "la paix" et "tha" exprime l'action de demeurer. Shamatha constitue donc "la pratique qui permet de demeurer dans la paix", ou encore "la méditation du calme mental".
Il n'est pas nécessaire d'être hindou, bouddhiste ou jaïn pour s'adonner à cette forme de méditation, même si ces différents courants spirituels issus de l'Inde en reconnaissent l'efficacité. Ainsi, les athées, les agnostiques, ou les croyants qui adhèrent au judaïsme, au christiannisme ou à l'islam pourront recourir à cette pratique tout en conservant leurs choix philosophiques et spirituels personnels.

POURQUOI MEDITER

De nombreux troubles émotionnels (tels que des états anxieux, ou dépressifs, ou un excès de nervosité) peuvent être apaisés, voire même dissous, grâce à la pratique soutenue de cette forme de méditation.
Shamatha procure à notre esprit une grande clarté et une grande stabilité. Nous ne sommes plus autant le jouet des émotions perturbatrices qui ballotent notre esprit. Nous ne sommes plus débordés par le stress de la vie quotidienne. Nous parvenons plus facilement à mener à terme nos projets. Finalement, nous devenons plus libres et plus heureux.

LE PRINCIPE

Le principe de cette méditation consiste à laisser l’esprit demeurer dans son état naturel de détente, sans être distrait.
" L’état naturel de détente de l’esprit " est une réalité, même si nous avons du mal à le concevoir, tellement ce que nous expérimentons au quotidien - l'agitation et la nervosité - en est éloigné. Nous sommes semblable à une personne qui n'aurait jamais connu qu’un ciel pesant et lourd au dessus de sa tête : elle aurait bien du mal à imaginer qu’un ciel bleu et pur existe par delà l’épaisse couche de nuages. Pourtant, telle est la réalité. Acceptons donc l'hypothèse qu'il puisse en être ainsi pour notre esprit et notre expérience nous en apportera bientôt la preuve.

L'esprit doit aussi veiller à n'être pas distrait. Or, les sources de distraction sont multiples. Ce sont tout d’abord les sollicitations sensorielles : le bruit de la perceuse dans l'immeuble en face, ou encore l'odeur du ragoût qui se prépare . . . Ce sont autant de perceptions qui vont rendre notre concentration plus difficile. Voilà pourquoi on aura intérêt à s'isoler .
L’autre source de distraction est interne: ce sont les " pensées discursives ", le discours mental que notre esprit se tient de façon interrompue, 24heures sur 24 , et cela depuis tellement d'années ! N’en soyez pas trop affecté, c’est un phénomène normal qui va se dissiper progressivement. L'essentiel est de prendre conscience de ces pensées lorsqu'elles émergent et de ne pas les suivre, même si elles se présentent sous des abords séduisants .

COMMENT PROCEDER CONCRETEMENT

Installez vous dans un endroit calme, où vous n’allez pas être dérangé. Nul besoin de disposer d'une grotte ! Sur un coussin, ou sur une chaise, redressez votre dos. Placez vos mains sur vos genoux, naturellement.
Prenez quelques instants pour permettre à vos tensions physiques de se relâcher en parcourant les différentes parties de votre corps (20 secondes environ).
Puis, laissez votre respiration se dérouler naturellement . Respirez confortablement, sans effort. Renoncez même à tout désir de maîtriser votre souffle pour lâcher-prise dans votre respiration. Sentez votre respiration, simplement, mais pleinement.

Pour vous aider, comptez mentalement " un " lors de la première inspiration, " deux " lors de suivante ... Bien sûr, compter c'est encore entretenir une pensée, mais c'est une pensée pauvre, peu intéressante, une sorte de petit os que vous donnez à ronger à votre esprit, afin qu'il accepte progressivement de se décontaminer. Et chaque fois qu'une pensée discursive parviendra à se frayer un chemin, à faire intrusion, vous "remettrez le compteur à zéro" pour recommencer. Progressivement votre esprit, semblable à un cheval fougueux, acceptera de se calmer.
Attention, ce n’est pas un championnat, une compétition avec vous même! Ce qui importe, c’est de pratiquer, même si vous ne décollez pas du chiffre "un" ! Et si au bout de dix minutes votre esprit demeure agité, en étant honnête avec vous même, vous percevrez qu'il est bien plus paisible qu’au début de votre pratique. Cette prise de conscience vous encouragera à perséverer les jours suivants.

Pratiquez par courtes sessions (10 minutes, pas plus au tout début). Ces dix minutes, vous les trouverez toujours dans votre journée, même si vous avez un emploi du temps de chef d'Etat. Et ces dix minutes vous permettront de commencer véritablement la pratique. Si votre esprit prend goût à ce "rendez-vous" régulier, bien sûr, vous pourrez alors prolonger votre pratique autant que vous le souhaitez . Mais surtout, pas de " marathon " du genre " Rambo fait de la méditation deux heures par jour "! Vous ne parviendriez qu'à vous dégoûter.

Peut-être qu’une nouvelle phase de votre vie s’ouvrira ainsi pour vous - comme ce le fut pour moi. Je vous le souhaite de tout cœur.