YOGA - MEDITATION SHAMATHA

Patanjali dans les Yoga sutra ( -IVe siècle ?) a présenté les différentes étapes de la pratique du Yoga classique. Ces phases sont au nombre de huit, d'où le nom d'Ashtanga Yoga ("discipline en huit membres") habituellement attribué à la pratique décrite par l'auteur : Yama, Niyama, Asana, Pranayama, Pratyahara, Dharana, Dhyana, Samadhi. La méditation (Dhyana) constitue donc une phase avancée de la pratique du Yoga, celle qui lui confère une incontestable profondeur .
Il existe différentes formes de méditation. Celle que je présente ici porte le nom sankrit de Shamatha . "Shama" désigne "la paix" et "tha" exprime l'action de demeurer. Shamatha constitue donc "la pratique qui permet de demeurer dans la paix", ou encore "la méditation du calme mental".
Il n'est pas nécessaire d'être hindou, bouddhiste ou jaïn pour s'adonner à cette forme de méditation, même si ces différents courants spirituels issus de l'Inde en reconnaissent l'efficacité. Ainsi, les athées, les agnostiques, ou les croyants qui adhèrent au judaïsme, au christiannisme ou à l'islam pourront recourir à cette pratique tout en conservant leurs choix philosophiques et spirituels personnels.

POURQUOI MEDITER

De nombreux troubles émotionnels (tels que des états anxieux, ou dépressifs, ou un excès de nervosité) peuvent être apaisés, voire même dissous, grâce à la pratique soutenue de cette forme de méditation.
Shamatha procure à notre esprit une grande clarté et une grande stabilité. Nous ne sommes plus autant le jouet des émotions perturbatrices qui ballotent notre esprit. Nous ne sommes plus débordés par le stress de la vie quotidienne. Nous parvenons plus facilement à mener à terme nos projets. Finalement, nous devenons plus libres et plus heureux.

LE PRINCIPE

Le principe de cette méditation consiste à laisser l’esprit demeurer dans son état naturel de détente, sans être distrait.
" L’état naturel de détente de l’esprit " est une réalité, même si nous avons du mal à le concevoir, tellement ce que nous expérimentons au quotidien - l'agitation et la nervosité - en est éloigné. Nous sommes semblable à une personne qui n'aurait jamais connu qu’un ciel pesant et lourd au dessus de sa tête : elle aurait bien du mal à imaginer qu’un ciel bleu et pur existe par delà l’épaisse couche de nuages. Pourtant, telle est la réalité. Acceptons donc l'hypothèse qu'il puisse en être ainsi pour notre esprit et notre expérience nous en apportera bientôt la preuve.

L'esprit doit aussi veiller à n'être pas distrait. Or, les sources de distraction sont multiples. Ce sont tout d’abord les sollicitations sensorielles : le bruit de la perceuse dans l'immeuble en face, ou encore l'odeur du ragoût qui se prépare . . . Ce sont autant de perceptions qui vont rendre notre concentration plus difficile. Voilà pourquoi on aura intérêt à s'isoler .
L’autre source de distraction est interne: ce sont les " pensées discursives ", le discours mental que notre esprit se tient de façon interrompue, 24heures sur 24 , et cela depuis tellement d'années ! N’en soyez pas trop affecté, c’est un phénomène normal qui va se dissiper progressivement. L'essentiel est de prendre conscience de ces pensées lorsqu'elles émergent et de ne pas les suivre, même si elles se présentent sous des abords séduisants .

COMMENT PROCEDER CONCRETEMENT

Installez vous dans un endroit calme, où vous n’allez pas être dérangé. Nul besoin de disposer d'une grotte ! Sur un coussin, ou sur une chaise, redressez votre dos. Placez vos mains sur vos genoux, naturellement.
Prenez quelques instants pour permettre à vos tensions physiques de se relâcher en parcourant les différentes parties de votre corps (20 secondes environ).
Puis, laissez votre respiration se dérouler naturellement . Respirez confortablement, sans effort. Renoncez même à tout désir de maîtriser votre souffle pour lâcher-prise dans votre respiration. Sentez votre respiration, simplement, mais pleinement.

Pour vous aider, comptez mentalement " un " lors de la première inspiration, " deux " lors de suivante ... Bien sûr, compter c'est encore entretenir une pensée, mais c'est une pensée pauvre, peu intéressante, une sorte de petit os que vous donnez à ronger à votre esprit, afin qu'il accepte progressivement de se décontaminer. Et chaque fois qu'une pensée discursive parviendra à se frayer un chemin, à faire intrusion, vous "remettrez le compteur à zéro" pour recommencer. Progressivement votre esprit, semblable à un cheval fougueux, acceptera de se calmer.
Attention, ce n’est pas un championnat, une compétition avec vous même! Ce qui importe, c’est de pratiquer, même si vous ne décollez pas du chiffre "un" ! Et si au bout de dix minutes votre esprit demeure agité, en étant honnête avec vous même, vous percevrez qu'il est bien plus paisible qu’au début de votre pratique. Cette prise de conscience vous encouragera à perséverer les jours suivants.

Pratiquez par courtes sessions (10 minutes, pas plus au tout début). Ces dix minutes, vous les trouverez toujours dans votre journée, même si vous avez un emploi du temps de chef d'Etat. Et ces dix minutes vous permettront de commencer véritablement la pratique. Si votre esprit prend goût à ce "rendez-vous" régulier, bien sûr, vous pourrez alors prolonger votre pratique autant que vous le souhaitez . Mais surtout, pas de " marathon " du genre " Rambo fait de la méditation deux heures par jour "! Vous ne parviendriez qu'à vous dégoûter.

Peut-être qu’une nouvelle phase de votre vie s’ouvrira ainsi pour vous - comme ce le fut pour moi. Je vous le souhaite de tout cœur.

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