UTKATASANA




UTKATASANA


En occident, cette posture reçoit habituellement deux appellations différentes.   Chacune d’elle correspond à un certain niveau de profondeur de la pratique et de compréhension de la nature de l’être humain. En ce sens, ces deux appellations sont tout à fait exactes et complémentaires.

La première dénomination met l’accent sur l’aspect formel, l’apparence physique. La posture est ainsi appelée « la chaise yogique » car celui qui l’adopte donne extérieurement l’impression d’être assis sur une chaise imaginaire.

L’autre appellation met en exergue la dimension énergétique de la posture. Elle correspond mieux à la traduction du terme sanskrit « utkata »  qui signifie « sauvage »,  « furieux ». Utkatasana est ainsi la posture sauvage ou furieuse. Cette dernière dénomination amène notre attention sur le caractère indompté, déchainé de l’énergie qui est ainsi éveillée par l’intermédiaire de cette posture. Or, il ne s’agit pas pour le pratiquant de donner libre cours à des pulsions non maîtrisées. La force physique développée et l’énergie activée doivent être transmutées, mises au service des finalités les plus élevées que puisse atteindre l’être humain.  Voilà pourquoi les Yogis ne cessent de développer en eux les états émotionnels d’altruisme et d’amour et d’approfondir leur connaissance des textes sacrés afin d’atteindre par leur pratique du Yoga la réalisation complète de l’être humain.
Dans notre présentation de cette posture nous mettrons l’accent sur ses deux dimensions : physique et énergétique.
1. Prise de la posture
La personne est debout, les deux pieds plaqués l’un contre l’autre. Le bassin est basculé et donc les muscles fessiers et abdominaux sont fortement contractés. Grâce à l’antéversion du bassin, les pieds sont fermement enfoncés dans le sol, ce qui procure à la personne une sensation d’enracinement, de stabilité physique condition préalable à l’installation de la stabilité mentale.
Sur une inspiration, la personne élève les mains, et tend les bras. Durant cette élévation, la personne demeure concentrée au niveau du nombril  et veille ainsi à ne pas transférer son centre de gravité vers le haut.

première phase

Lorsque les bras sont tendus, les paumes plaquées l’une contre l’autre, la personne veille à bien abaisser les épaules afin de mobiliser fermement la musculature du haut de son dos, entre les omoplates. Le menton est repoussé en arrière. Ainsi tout l’arrière du corps est vigoureusement aplati, ce qui engendre une mobilisation musculaire intense.
La personne fléchit alors les genoux en veillant à garder les talons au sol et à ne pas creuser la région lombaire, ni à incliner le tronc vers l’avant.
Attention, il ne faudrait pas croire, comme pourrait le laisser penser le nom « chaise yogique », que la posture soit conservée de façon molle, passive.  L’engagement  physique doit, en effet, être intense afin que la posture puisse produire pleinement ses bienfaits physiques et énergétiques.
Pour atteindre ce résultat, l’adepte fait comme s’il voulait ficher la pointe de son coccyx dans le sol, tout en repoussant le plafond avec le sommet du crâne. C’est la conjonction de cette double force, exercée concomitamment vers le haut et vers le bas, qui assure l’éveil de l’énergie. 

position finale


Cet investissement s’accompagne de la contraction de mula bandha durant toute la phase statique.

2. Caractéristiques générales
Il n’existe pas de contre-indication pour cette posture. Par ailleurs, sa simplicité technique la rend très largement accessible, ce qui renforce sa dimension universelle.
L’absence de difficulté va favoriser la concentration car la personne va ainsi prendre le temps « d’entrer dans la posture » et de canaliser le flux de ses pensées.
Enfin, les personnes font l’expérience de leur grande liberté en modulant à loisir l’intensité de leur pratique.

3. Bienfaits
Les pieds et les jambes sont fortement sollicités et donc vigoureusement tonifiés. Ceci contribue à assurer une meilleure stabilité, un meilleur équilibre de la personne.
L’intense contraction des muscles des mollets et des cuisses (quadriceps) provoque une compression des veines profondes des jambes, ce qui favorise le retour de la circulation veineuse vers le cœur. La posture prévient ainsi efficacement l’apparition de varices. Cette posture est donc particulièrement recommandée aux personnes sédentaires ou qui piétinent beaucoup dans la journée.
Toute la musculature du dos, ainsi que la sangle abdominale sont renforcées.Les micro contractures musculaires du dos se trouvent facilement dissoutes.Les courbes de la colonne vertébrale sont aussi atténuées,  ce qui contribue à corriger les déviations par rapport à la verticalité (hyperlordose lombaire et cervicale, ainsi que cyphose dorsale). Cette posture contribue ainsi fortement à corriger les effets néfastes des attitudes corporelles incorrectes qu’adoptent trop souvent les Occidentaux. Devenus sédentaires, nous passons de longues heures au bureau, le dos appuyé contre un dossier qui lui ôte sa musculature ; ou bien, nous gardons le tronc incliné vers un écran d’ordinateur, ce qui accentue sa voussure ; enfin, rentrés chez nous, nous nous effondrons sur un sofa moelleux qui affaiblit encore notre dos. Rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que le mal du dos soit devenu le mal du siècle !

4. Maintenir la respiration profonde
Pendant la tenue de cette posture, on veille à ne pas se couper de la respiration en trois parties. La conjonction de cette respiration correcte et du maintien ferme de la sangle abdominale crée une sensation particulière : une forge semble se mettre en route à l’intérieur de l’abdomen. Et il importe qu’un soufflet puissant alimente constamment cette forge afin que le feu se diffuse largement dans tout l’organisme.
5. Durée de la pratique
La tenue de cette posture durant une minute apportera déjà un grand soulagement. Maintenant, l’adepte ne s’empêchera pas, après avoir éventuellement marqué une petite pause, de revenir dans la posture plusieurs fois d’affilée. Garder ainsi la posture 3 ou 4 minutes sera excellent et redynamisera complètement l’organisme.


Conclusion
Le Yoga vise à la réalisation totale du potentiel de l’être humain. Comme nous l’avons indiqué, la bonne santé physique que procure cette posture et l’énergie qu’elle éveille en chacun de nous doivent nous servir à adopter des comportements justes, réaliser des actions qui ont vraiment un sens et dont nous pouvons vraiment être fiers. La pratique du Yoga contribue à nous élever, à nous permettre de devenir plus humain, et pas seulement à être plus productif ou plus performant.


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